Pourquoi les vacances sont souvent le moment où l’on recommence enfin à écouter son corps

23 Juil 2026

Gabrielle Eychenne face à la mer, prenant le temps d’écouter son corps pendant les vacances
Pilates, vacances et écoute du corps

Le corps ne profite pas des vacances parce qu’il bouge moins. Il profite des vacances parce qu’on recommence à l’écouter.

Toute l’année, nous avançons. Nous travaillons, nous nous déplaçons, nous répondons aux urgences et nous adaptons notre corps à des horaires qui ne sont pas toujours les siens.

Puis les vacances arrivent. Nous ralentissons enfin. Et c’est parfois précisément à ce moment-là qu’un dos se bloque, qu’une nuque se crispe ou qu’une fatigue jusque-là contenue devient impossible à ignorer.

Le corps ne se manifeste pas forcément davantage pendant les vacances. Il trouve simplement enfin l’espace nécessaire pour se faire entendre.

Pour Gabrielle Eychenne, danseuse, chorégraphe et professeure de Pilates, cette période peut devenir bien davantage qu’une parenthèse. Elle peut être le moment où l’on recommence à respirer, à bouger autrement et à retrouver un dialogue plus juste avec son corps.

Pourquoi ressent-on davantage les tensions de son corps pendant les vacances ?

Lorsque nous sommes pris dans le flux du quotidien, nous avançons souvent sans nous autoriser à nous arrêter. Une tension apparaît, mais une réunion commence. La nuque se raidit, mais il faut conduire. La fatigue s’installe, mais la journée n’est pas terminée.

Le corps retient. Il compense. Il continue.

Au moment où la pression retombe, il n’a plus besoin de maintenir ce même niveau d’adaptation. Les signaux qui étaient jusque-là couverts par l’activité deviennent alors plus perceptibles.

« C’est au moment où l’on se pose que le corps peut enfin manifester ses problématiques. Lorsque l’on travaille, on avance tout droit. Au moment où l’on lâche la pression, le corps s’exprime. »
— Gabrielle Eychenne

Ce n’est donc pas nécessairement la preuve que les vacances nous fatiguent. C’est parfois le signe que nous étions déjà fatigués avant de partir.

Pourquoi le repos ne suffit-il pas toujours à récupérer ?

Le repos reste essentiel. Mais se reposer ne signifie pas obligatoirement ne plus rien faire.

Récupérer peut aussi vouloir dire faire autrement :

  • dormir selon un rythme plus naturel ;
  • marcher sans regarder l’heure ;
  • respirer plus profondément ;
  • s’étirer sans chercher la performance ;
  • bouger au moment où le corps se sent disponible.

Les vacances permettent de sortir, au moins temporairement, d’un emploi du temps imposé. Certaines personnes ont davantage d’énergie le matin. D’autres se sentent mieux en fin de journée. Certaines apprécient une activité soutenue. D’autres ont besoin de lenteur.

Il ne s’agit pas d’appliquer une nouvelle règle. Il s’agit justement de découvrir son propre rythme.

« Se reposer, ce n’est pas forcément arrêter toute activité. C’est pouvoir agir sans pousser, sans contraindre et sans demander au corps de suivre un rythme qui n’est pas le sien. »
— Gabrielle Eychenne

Pourquoi les vacances sont-elles le meilleur moment pour recommencer à écouter son corps ?

Le quotidien nous oblige souvent à traiter le corps comme un moyen de transport. Il doit nous conduire jusqu’au soir, tenir jusqu’au week-end et repartir le lundi matin.

Les vacances peuvent inverser cette logique.

Nous disposons enfin de temps pour observer :

1

Le sommeil

À quelle heure le corps s’endort-il naturellement ? De combien d’heures a-t-il réellement besoin ?

2

L’énergie

À quel moment de la journée avons-nous envie de marcher, de nager ou de nous étirer ?

3

Les tensions

Quelles zones demandent de la mobilité, du soutien ou simplement un peu moins de pression ?

L’Inserm rappelle que la plupart des fonctions de l’organisme suivent des rythmes biologiques proches de vingt-quatre heures. Retrouver un rythme plus régulier pendant les vacances n’est donc pas une fantaisie estivale : c’est une manière de renouer avec le fonctionnement naturel de l’organisme.

Gabrielle Eychenne pratique un exercice de respiration et d’auto-grandissement face à la mer
Quelques minutes face à la mer peuvent suffire pour observer sa respiration, détendre les épaules et retrouver de l’espace dans le corps.

Pourquoi est-ce souvent le meilleur moment pour commencer le Pilates ?

Le Pilates ne consiste pas à reproduire mécaniquement une série de mouvements. Il demande de comprendre ce que l’on fait, de sentir ses appuis, d’observer sa respiration et de mobiliser des muscles qui travaillent souvent dans l’ombre.

Gabrielle le décrit comme une gymnastique presque intellectuelle : une pratique dans laquelle la compréhension et la sensation avancent ensemble.

Le Pilates porte notamment l’attention sur :

  • la respiration ;
  • l’ancrage ;
  • l’alignement ;
  • le centre du corps ;
  • les muscles posturaux profonds ;
  • la qualité du mouvement plutôt que sa quantité.

Lorsque les trapèzes sont noués, que le bas du dos supporte des heures de position assise et que l’esprit pense déjà à la tâche suivante, il est plus difficile de percevoir ces principes.

En vacances, le corps et l’attention deviennent plus disponibles. On peut prendre le temps de respirer, de se placer et de comprendre.

« Le Pilates est une gymnastique que l’on comprend autant qu’on la pratique. »
— Gabrielle Eychenne

Faut-il vraiment faire du sport intensif pour retrouver la forme ?

Non. L’intensité n’est pas la seule voie vers une meilleure condition physique.

L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que toute activité physique compte. Marcher, nager, jardiner, se déplacer, effectuer des exercices de mobilité ou pratiquer une gymnastique douce participent déjà à une vie moins sédentaire.

L’enjeu n’est donc pas nécessairement d’en faire davantage pendant les vacances. Il est de remettre du mouvement là où le quotidien a installé de l’immobilité, de la compression ou des compensations.

Le Pilates travaille dans cette logique de rééquilibrage :

  • une zone trop contractée retrouve de l’ouverture ;
  • une zone insuffisamment tonique retrouve du soutien ;
  • la colonne retrouve un meilleur socle ;
  • le mouvement redevient plus organisé et plus fluide.

Douceur ne signifie pas absence d’effort. Elle signifie que l’effort est placé au bon endroit, avec suffisamment de respiration et sans ajouter de brutalité inutile.

Comment bouger en douceur sans fatiguer davantage son corps ?

Avant même de choisir un exercice, Gabrielle commence par le placement.

Où sont les pieds ? Comment le bassin est-il posé ? La colonne s’effondre-t-elle ou peut-elle retrouver de la hauteur ? Les épaules participent-elles à l’effort alors qu’elles pourraient rester relâchées ?

Cette attention conduit à l’un des principes essentiels de son enseignement : l’auto-grandissement.

À essayer sur la plage

Retrouver de la hauteur sans se crisper

Asseyez-vous confortablement dans le sable. Sentez vos appuis, laissez les épaules descendre et imaginez que le sommet de votre tête cherche doucement à s’éloigner du bassin.

  1. Prenez appui dans le sol sans raidir les jambes.
  2. Allongez la colonne vers le haut.
  3. Ouvrez doucement les bras et la cage thoracique.
  4. Respirez sans pousser ni bloquer.
Gabrielle Eychenne réalise un exercice d’étirement et d’auto-grandissement sur la plage

Avec le temps, la gravité, les positions répétées et le manque de mobilité peuvent donner une sensation de tassement. Se grandir à partir de ses appuis aide à recréer de l’espace, à mieux organiser la colonne et à diminuer les efforts parasites.

Le centre du corps joue également un rôle important. La sangle abdominale et le plancher pelvien constituent un soutien pour la colonne vertébrale. Lorsqu’ils participent correctement au mouvement, la colonne peut mieux s’ériger et ses courbures jouent plus efficacement leur rôle d’amortisseur.

Pourquoi la mer est-elle un terrain idéal pour remettre son corps en mouvement ?

Dans la mer, le corps est porté. Son poids paraît différent et certains mouvements deviennent plus accessibles.

L’eau offre à la fois du soutien et de la résistance. Elle permet de bouger lentement, d’explorer une plus grande amplitude et de sentir plus clairement la manière dont le bassin, la taille et la cage thoracique participent au mouvement.

À essayer lors de votre prochaine baignade

Mobiliser le bassin grâce au soutien de l’eau

Placez-vous dans une zone où vous êtes parfaitement à l’aise et où vous avez pied. Laissez l’eau soutenir une partie de votre poids.

  1. Stabilisez doucement la cage thoracique.
  2. Relâchez les épaules.
  3. Ramenez doucement le bas du ventre vers l’intérieur, puis continuez à respirer normalement.
  4. Effectuez de petites torsions du bassin de gauche à droite.
  5. Laissez le mouvement délier progressivement la taille et le dos.
Gabrielle Eychenne réalise des mouvements de mobilité et de torsion du bassin dans la mer

Il ne s’agit pas de transformer chaque baignade en séance de sport. Quelques mouvements conscients suffisent. La mer devient alors un espace où l’on peut respirer, se délier et retrouver des sensations sans objectif de performance.

Prudence : pratiquez uniquement dans une zone calme, surveillée et adaptée à votre aisance dans l’eau. En cas de douleur, de pathologie ou de doute sur un mouvement, demandez conseil à un professionnel de santé.

Pourquoi les appuis changent-ils notre manière de bouger ?

Tout mouvement commence quelque part. En Pilates, il commence souvent par les appuis.

Sentir ses pieds dans le sable permet d’observer la manière dont le poids se répartit. Sommes-nous davantage sur les talons ? Sur l’avant du pied ? Sur un côté ? Agrippons-nous le sol avec les orteils ou pouvons-nous les laisser respirer ?

Avant de marcher

Prenez conscience de vos pieds

Restez immobile quelques secondes, les pieds posés dans le sable. Ne cherchez pas à corriger immédiatement votre posture. Commencez simplement par ressentir.

  1. Observez la répartition du poids.
  2. Relâchez les orteils.
  3. Poussez doucement dans le sol.
  4. Laissez cette poussée vous grandir vers le haut.
Les pieds de Gabrielle Eychenne prennent appui dans le sable pour travailler l’ancrage en Pilates

La marche elle-même peut ensuite devenir une pratique : sentir le talon, dérouler le pied, laisser le bassin accompagner le mouvement et observer la respiration.

Pas besoin de montre connectée ni de défi héroïque. Le sable fait déjà très bien son travail.

Pourquoi pratiquer dehors change-t-il notre façon de bouger ?

En vacances, nous pouvons choisir l’endroit où nous bougeons. Un jardin, un bois, une plage ou simplement un espace tourné vers l’horizon modifient notre rapport à l’exercice.

Le regard se porte plus loin. La respiration trouve davantage d’espace. L’activité n’est plus enfermée entre quatre murs ni soumise au rythme d’une salle.

Gabrielle voit dans le Pilates une grande logique d’ergonomie : quelques principes peuvent accompagner de nombreuses activités quotidiennes.

  • s’ancrer avant de déplacer un objet ;
  • se grandir lorsque l’on marche ;
  • gainer sans bloquer la respiration ;
  • utiliser les jambes plutôt que comprimer le dos ;
  • chercher de l’amplitude plutôt que de la force brute.

Le Pilates ne reste donc pas sur un tapis. Une fois ses principes compris, il accompagne la marche, la nage, le jardinage et même certaines tâches domestiques. Moins glamour que la plage, certes. Mais nettement plus fréquent.

Comment conserver les bienfaits des vacances à la rentrée ?

Le problème n’est pas toujours de se sentir mieux pendant les vacances. Le problème est de ne pas tout perdre dix jours après la reprise.

Le quotidien revient rapidement avec ses horaires, ses écrans, ses déplacements et ses épaules qui remontent vers les oreilles.

Gabrielle conseille un outil très simple : un carnet d’habitudes, parfois appelé habit tracker. L’objectif n’est pas de contrôler chaque geste ni de transformer sa vie en tableau Excel. Il est d’identifier les conditions dans lesquelles le corps se sent mieux.

Heures de sommeil
Hydratation
Mouvement
Signes de fatigue

Une nuque crispée, des yeux qui brûlent, une fatigue inhabituelle ou une respiration plus courte peuvent devenir des repères. Les noter permet d’identifier des répétitions avant que le corps soit obligé de crier plus fort.

Avant de rentrer chez vous

Gardez une trace de ce qui vous a fait du bien

Prenez quelques minutes pour identifier ce que votre corps a apprécié pendant les vacances.

  1. À quelle heure dormiez-vous le mieux ?
  2. Quel mouvement vous faisait du bien ?
  3. À quel moment vous sentiez-vous le plus disponible ?
  4. Quelle habitude pouvez-vous réellement conserver ?
Gabrielle Eychenne prend un moment de respiration et de détente sur la plage avant la fin des vacances

Le but n’est pas de ramener tout le programme des vacances dans la vie quotidienne. Il est de conserver un point d’ancrage suffisamment simple pour durer.

Repères et validation

Bouger, dormir et respecter son rythme : des principes qui se renforcent

L’expérience de Gabrielle rejoint plusieurs recommandations de santé publique : l’activité physique régulière contribue au bien-être, à la qualité de vie et au sommeil. Elle ne se limite pas au sport intensif et peut prendre la forme de mouvements ordinaires, de marche, de mobilité ou d’exercices adaptés.

Les organismes de référence rappellent également que le sommeil, les rythmes biologiques et l’activité physique sont étroitement liés. Les vacances peuvent donc offrir un contexte favorable pour observer ses besoins et réintroduire progressivement des habitudes plus respectueuses du corps.

Écouter son corps ne signifie pas ne plus rien faire

Être à l’écoute de son corps est parfois confondu avec l’idée de rester immobile, de renoncer à l’effort ou de céder à la paresse.

Pourtant, le corps a besoin de mouvement. Une marche, une baignade, quelques étirements ou une séance de Pilates peuvent lui faire davantage de bien qu’une journée entière passée sans bouger.

Écouter son corps consiste à distinguer ce qui le régénère de ce qui l’épuise. À reconnaître la différence entre une activité qui remet en circulation et un effort qui ajoute une contrainte supplémentaire.

Le corps ne demande pas toujours moins. Il demande souvent plus de justesse.

« Écouter son corps, c’est lui donner l’occasion de nous accompagner plus longtemps, avec davantage de liberté, d’énergie et de confiance. »

Et si ces vacances devenaient le début de quelque chose ?

Gabrielle Eychenne accompagne les personnes qui souhaitent retrouver une relation plus fluide avec leur corps grâce au Pilates, à la respiration, à la posture et au mouvement.

Cours collectifs à Marnes-la-Coquette et cours particuliers à domicile, en extérieur ou en visio autour de Saint-Germain-en-Laye, Ville-d’Avray, Vaucresson, Sèvres, Versailles et dans les Yvelines.

Article conçu à partir de l’expérience et des conseils de Gabrielle Eychenne, danseuse, chorégraphe et professeure de Pilates.